TOUX CHEZ L’ENFANT ET L’ADULTE |
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version imprimable La toux est un mécanisme physiologique dépuration des voies aériennes. Elle sobserve rarement chez un individu en bonne santé, lépuration physiologique des voies aériennes seffectuant principalement par le système muco-ciliaire bronchique et les macrophages alvéolaires. Habituellement, la toux est un symptôme. Elle est un signe dappel isolé ou associé dune maladie généralement O.R.L., broncho-pulmonaire, gastrique plus rarement sous-phrénique ou péricardique. Après enquête étiologique, la toux peut être un symptôme isolé, une complication, ou une maladie en soi. La toux est sèche ou productive.
La toux est un réflexe, avec les différents éléments constitutifs dun arc réflexe classique : récepteurs, voies afférentes, centre de la toux, voies efférentes, réponse motrice.
La toux comporte trois phases : une inspiration à glotte ouverte ; une fermeture de la glotte accompagnée dune contraction des muscles expiratoires, responsable dune augmentation de la pression intra-thoracique ; une ouverture de la glotte avec expulsion brutale de lair, accompagnée dune vibration de la paroi postérieure du pharynx. La diminution de la section bronchique résultant de la compression de larbre trachéo-bronchique entraîne des vitesses linéaires élevées qui favorisent lexpulsion.
L’interrogatoire et l’examen clinique sont essentiels. Ils suffisent au diagnostic ou l’orientent significativement dans environ deux tiers des cas. Parmi les facteurs environnementaux on précisera : le tabagisme, l’exposition à des polluants domestiques et professionnels et/ou à des pneumallergènes dans un contexte d’atopie ; la prise de médicaments tussigènes. Ces facteurs peuvent s’intriquer à d’autres causes dont ils majorent les effets, ou être présents isolément, leur éradication sera alors suffisante pour faire disparaître la toux. En fonction des étiologies qui sont le plus souvent en cause, l’interrogatoire va rechercher: un épisode aigu infectieux récent des voies respiratoires, un jetage postérieur, un syndrome asthmatique, une bronchorrhée chronique, un pyrosis avec syndrome postural, une dyspnée d’effort...
Quelques examens complémentaires peuvent être nécessaires. Ils sont hiérarchisés sur la figure 1. La radiographie thoracique vient au premier rang : anormale, elle va orienter vers une pathologie broncho-pulmonaire justifiant des investigations spécifiques. Dans les deux cas d’une pathologie chronique ORL présumée allergique et d’un asthme, des tests cutanés allergologiques pourront être effectués.
La toux peut entraîner :
D’après plusieurs études concordantes, la toux chronique relève de 4 causes principales: la rhinorrhée postérieure ; l’asthme; le reflux gastro-oesophagien et les bronchopneumopathies chroniques obstructives. L’ensemble de ces étiologies représente 80 à 90 % des causes de toux chronique.
La rhinorrhée postérieure est évoquée à l’interrogatoire est confirmée dès l’examen pharyngé et rhinoscopique. La toux procède de plusieurs mécanismes intriqués, ORL et d’une hyperréactivité bronchique fréquemment associée à l’atteinte ORL. En fonction des données de l’imagerie, des explorations ORL complémentaires pourront être envisagées. Le traitement fait appel à des lavages de nez au sérum physiologique, des décongestionnants locaux en cure courte, aux corticoïdes locaux en cas de processus inflammatoire chronique et éventuellement à une antibiothérapie en cas de suppuration.
La toux procède de plusieurs mécanismes s’intriquant : un réflexe oeso-trachéobronchique parasympathique, la stimulation de récepteurs des voies aéro-digestives supérieures, et, éventuellement de récepteurs trachéo-bronchiques après micro-inhalation. Le traitement fait appel à des mesures posturales et hygiéno-diététiques, des médicaments prokinétiques, anti H2 ou des inhibiteurs de la pompe à protons.
L’asthme vient au troisième rang des causes de toux chronique chez l’adulte. Il est souvent fruste, méconnu, mais confirmé par des tests pharmacodynamiques bronchiques au cours de la spirométrie. On retrouve quelquefois à l’interrogatoire des antécédents atopiques, une rhinite allergique, des manifestations d’oppression sibilante occasionnelles. La toux est sèche, volontiers déclenchée par l’effort, le froid, les irritants non spécifiques. Le traitement fait appel aux ß2-stimulants et à la corticothérapie en spray. Une autre entité, le syndrome de dysfonction des voies aériennes est responsable d’un syndrome asthmatiforme avec hyperréactivité bronchique acquise en l’absence d’antécédents respiratoires et d’atopie. Il est la conséquence d’une exposition brutale et massive à des aérocontaminants irritants. Le traitement, identique à celui d’un asthme, doit être prolongé durant plusieurs semaines.
La bronchite chronique est souvent méconnue, et la toux négligée. Invalidante et au premier plan du tableau clinique, elle doit faire rechercher un asthme intriqué. Les bronchectasies ne s’accompagnant pas toujours d’une bronchorrhée abondante, la toux peut en être le premier signe d’appel. L’inventaire des lésions implique en complément de la radiographie du thorax une tomodensitométrie et une imagerie des sinus et une exploration fonctionnelle respiratoire.
Parmi les plus fréquentes, il faut mentionner la toux traînante post-infectieuse, et les toux médicamenteuses.
L’association de plusieurs causes est fréquente. Dans une étude portant sur des malades présentant une toux chronique avec expectoration de plus de 30 ml de mucus par jour on retiendra plus d’une cause dans 62 % des cas (3 causes dans 23 %) ; les quatre principales demeurant la rhinorrhée postérieure (41,2 %), l’asthme (24,7 %), le RGO (15,5 %) et la bronchite chronique (11,3 %).
La prise en charge d’une toux chronique implique un interrogatoire méthodique et un examen clinique au terme desquels le diagnostic est orienté dans plus de deux tiers des cas. Quelques examens complémentaires hiérarchisés vont confirmer les présomptions et permettre au total le diagnostic d’une ou plusieurs causes associées dans plus de 90 % des cas. La radiographie thoracique est un examen clef. Lorsqu’elle est normale, trois diagnostics représentent à eux seuls plus de 80 % des cas : la rhinorrhée postérieure, le reflux gastro-oesophagien et l’asthme. Trois examens complémentaires ont dans cette éventualité une grande valeur : la TDM des sinus, la spirométrie et la pHmétrie.
La toux aiguë, diurne et surtout nocturne, est l’un des motifs de consultation les plus fréquents chez l’enfant, en particulier au dessous de 6 ans. Elle est liée à l’activation de récepteurs sensitifs au niveau du larynx et des voies aériennes basses. Ces récepteurs envoient des stimuli au système nerveux central où les systèmes de régulation de la toux restent encore mal connus. Plus d’une centaine de conditions, physiologiques ou pathologiques, sont susceptibles de déclencher un réflexe de toux. Les facteurs déclenchants les plus habituels sont les stimulations mécaniques, particulièrement laryngées, les stimulations inflammatoires ou les irritants chimiques. La toux peut non seulement être initiée lors d’une maladie des voies aériennes, mais peut également être favorisée par un état pathologique préalable, et être alors déclenchée pour de faibles stimulations habituellement non tussigènes.
Les causes les plus fréquentes de toux chez l’enfant sont décrites, ainsi que leur fréquence en fonction de l’âge de l’enfant. (Tableaux IV, V et VI)
Les médicaments peuvent par leurs effets étiologiques avoir une action antitussive : antibiotiques, corticoïdes, bronchodilatateurs, antihistaminiques.
On distingue les antitussifs centraux qui agissent par une dépression des centres médullaires et les antitussifs périphériques qui agissent en élevant le seuil de sensibilité des récepteurs.
Antitussifs centraux, on distingue les opiacés et les non-opiacées.
Parmi les alcaloïdes de lopium, les phénanthrènes ont des propriétés pharmacologiques analgésiques, sédatives, anti-diarrhéiques et antitussives puissantes. Toutefois, leurs effets indésirables en limitent lemploi : accoutumance et assuétude.
La morphine et lhéroïne sont de puissants antitussifs, mais aussi de puissants dépresseurs respiratoires et des libérateurs dhistamine. Leurs indications sont rares dans le traitement de la toux : O.A.P., hémoptysies graves.
Leffet dépresseur respiratoire est le quart de celui de la morphine. Cest un excellent antitussif. La dose optimale pour un effet antitussif et des effets secondaires minimaux est de 10 à 20 mg par voie orale toutes les 4 à 6 heures chez ladulte, sans dépasser 120 mg/j.
* Dextromethorphane : il peut être dépresseur respiratoire à haute dose et exercer un effet de libération histaminique. Ce médicament est commercialisé en France sous le nom de Nortussine (Dextrométhorphane + mépyramine (anti-histaminique) + phéniléphrine + gaïacolate de glycérile) : 3 à 6 cuillerées à café.
Ils agissent sur les récepteurs à lirritation, soit par effet anesthésique, soit par blocage.
Ils augmentent le volume des sécrétions respiratoires et exercent un effet émollient, adoucissant. Leffet antitussif nest pas clairement établi.
On distingue les mucolytiques vrais et les muco-régulateurs.
Les dérivés de la cystéine sont la N-Acétylcystéine, le Mesna. Ces médicaments agissent sur la phase gel du mucus, en rompant les ponts disulfures établis entre deux fonctions thiol. Ils sont doués dune action intense et rapide qui se traduit par une diminution de la viscosité et de lélasticité favorable au transport mucociliaire si la visco-élasticité de la sécrétion bronchique est élevée.
Ils corrigent les désordres de lactivité cellulaire des éléments glandulaires sécréteurs. Le chef de file est la carbocystéine. La carbocystéine augmente la viscosité et lélasticité du mucus et améliore le transport mucociliaire lorsque les caractéristiques rhéologiques sont effondrées.
· La kinésithérapie par le drainage bronchique quelle assure, réduit les toux dencombrement
Quand une cause spécifique de la toux a été identifiée, le traitement de celle-ci se confond avec le traitement de la cause.
La toux sèche doit être calmée :
Les antitussifs, en particulier les opiacés, sont contre-indiqués.
Il est, comme chez l’adulte, adapté à la pathologie. Néanmoins, en cas de toux invalidante, retentissant sur l’état général, en particulier le sommeil, on peut avoir recours aux antitussifs. |