PNEUMOTHORAX


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1. DEFINITION


Présence d’air dans la cavité pleurale, d’origine spontanée, traumatique ou iatrogène, due à une brèche des espaces alvéolaires ou de la paroi thoracique.


2. DIAGNOSTIC POSITIF


2.1. Diagnostic clinique


2.1.1. Signes d’appel


DOULEUR THORACIQUE (80%)
Point de côté brutal, se renforçant à la toux

DYSPNEE
Surtout au début, avec blocage de l’inspiration profonde par la douleur.



2.1.2. Examen clinique


SYNDROME D’EPANCHEMENT GAZEUX PLEURAL
Immobilité et distension relative de l’hémithorax atteint
Hypersonorité ; abolition des vibrations vocales ; abolition du murmure vésiculaire.



2.1.3. Signes de gravité




2.2. Examens complémentaires en cas de penumothorax


En urgence : cliché thoracique (figure 1)
     Parfois à distance : TDM thorax, EFR, thoracoscopie.

Figure 1 :





2.2.1. Radiographie du thorax


= DIAGNOSTIC

En inspiration de face et debout.

SIGNES RADIOLOGIQUES DU PNEUMOTHORAX

Pneumothorax complet : hyperclarté entre la paroi et le parenchyme rétracté au hile ; élargissement des espaces intercostaux ;
Pneumothorax partiel : hyperclarté prédominant au sommet. Si non détectable lors du premier cliché, faire un cliché en expiration forcée.
Sont également à préciser :
-     éventuelle bride
-     éventuel épanchement pleural
-     refoulement du médiastin : pneumothorax compressif
-     état du parenchyme sous-jacent homo et controlatéral : bulles, emphysème, fibrose …
-     parfois associés : emphysème sous-cutané, pneumomédiastin

Estimation grossière : 1, 2, 3, 4, 5 cm de décollement = 15, 20, 30, 40, 50 % de rétraction.
Faux positif : pli cutané, bulle d’emphysème.



2.2.2. EFR à distance


Pas de modification liée au pneumothorax habituellement
Recherche d’une BPCO sous-jacente.



2.2.3. TDM thoracique


Bilan lésionnel homo et controlatéral : visualisation des bulles et des blebs et de la morphologie du poumon sous-jacent

3. EVOLUTION DES PNEUMOTHORAX


3 .1. Favorable


Favorable dans 9O% des cas (repos ou drainage)



3 .2. Complications des pneumothorax



-     Décompensation respiratoire
-     OAP a vacuo
-     Fistule broncho-pleurale persistante
-     Récidive +++

Risque plus important de récidive dans les deux ans en fonction du nombre de pneumothorax
1 PNO, 30%. 2 PNO, 60%. 3 PNO, 80%
risque identique si abstention, exsufflation ou drainage.

4. ETIOLOGIE DES PNEUMOTHORAX


4.1. PNO iatrogéniques



-     intentionnel au cours de la thoracoscopie
-     accidentel lors de geste diagnostique : ponction pleurale, biopsie pleurale, biopsie transbronchique, ponction transpariétale, ponction biopsie hépatique
-     accidentel lors de gestes thérapeutiques : cathéter sous-clavier
-     au cours de la ventilation mécanique par hyperpression.



4.2. PNO traumatiques



-     Pénétrants : 10 à 20% des cas
-     Non pénétrants : par lésion de la plèvre, lacérée par une côte fracturée
Par augmentation brutale de la pression intrathoracique ++
Associés à une hémoptysie penser à une rupture trachéale ou bronchique.



4.3. PNO spontanés idiopathiques ou secondaires


4.3.1. Pneumothorax spontané idiopathique bénin




4.3.2. PNO spontané secondaire


Le pronostic dépend de la pathologie sous-jacente



5. TRAITEMENT DES PNEUMOTHORAX


5.1. Bases du traitement



-     Physiologie pleurale
Cavité pleurale
Non virtuelle
Pression négative permanente, résultante des forces de rétraction du poumon et d’expansion de la cage thoracique, -3 à - 5 cm H2O à la CRF
Pression variable : plus négative à l’inspiration, positive à l’expiration

-     Conséquences du pneumothorax
Egalisation des pressions ; parfois PNO compressif avec système de soupape
Baisse de la CV : rétraction du poumon au hile
Baisse de la paO2 : rapport ventilation/perfusion ou par décompensation de la maladie respiratoire sous-jacente.

-     Evolution : résorption spontanée des pneumothorax
Elle est progressive et lente
Parfois PNO chronique si brèche importante, si compliance pulmonaire basse ou atélectasie secondaire au PNO.

-     Blebs et bulles
Blebs : entre la limitante élastique interne et externe de la plèvre viscérale
Localisée à l’apex car la tension mécanique y est plus élevée et/ou la vascularisation moins importante.

Facteurs favorisants des blebs :
Anomalie congénitale du tissu élastique pulmonaire
Inflammation des bronchioles
Tabagisme +++

Bulles : entre la LEI et le parenchyme



5.2. Moyens thérapeutiques


Le simple repos
Uniquement pour les petits décollements asymptomatiques (résorption spontanée de l’air pleural très lente) et l’arrêt du tabac
L’administration d’oxygène
L’exsufflation
Aspiration à l’aiguille ou au petit cathéter
Le drainage
A l’aveugle ou sous thoracoscopie, le drain (Pleurocath* ou Monaldi* ) dirigé vers le haut
et laissé en place plus de 24 H. Une réexpansion trop rapide peut entrainer un œdème à vacuo
Guérison dans 96 % des cas.

La pleurodèse ou symphyse pleurale
talcage, abrasion pleurale, pleurectomie ; éventuellement associé au traitement des blebs
efficacité supérieur à 95% le plus souvent sous thoracoscopie chirurgicale sous AG ; parfois thoracotomie en particulier en cas d’hémopneumothorax



5.3. Indications thérapeutiques


5.3.1. Aux urgences



-     Signes de gravité
Réanimation
O2 nasal
Remplissage vasculaire si nécessaire
DRAINAGE

Parfois décompression à l’aiguille en urgence avant le drainage si très compressif
Si hemo-pneumothorax : DRAINAGE, transfusions si nécessaire, thoracotomie d’hémostase si échec

-     Pas de signes de gravité
PNO minime : repos et surveillance clinique et radiologique pf à domicile
PNO partiel ou complet : évacuation sous anesthésie locale
Exsufflation à l’aiguille 2EIC ligne médioclaviculaire
Si complet ou compressif drainage par pleurocath ou gros drain 2EIC ligne médioclaviculaire ou 4EIC axillaire

+ traitement antalgique, +/- antitussif

Surveillance du bullage rythmé par la respiration ; traire le drain pour éviter qu’il se bouche

Surveillance de : température ; douleur ; fréquence respiratoire, état local ; radio quotidienne

Si arrêt du bullage : épreuve de clampage pendant 24 heures et radio thoracique : si absence de décollement à 24 h ablation du drain et nouveau contrôle radio thoracique.



5.3.2. Particularités du traitement des pneumothorax non idiopatiques


PNO iatrogène : idem PNO idiopathique
Drainage en urgence si ventilation mécanique
PNO spontané secondaire : gros drain



5.3.3. Indications de la pluerodèse = symphyse pleurale




5.3.4. Prévention secondaire : éviter les récidives



·     Contreindiquer les hyperpressions thoraciques

- Plongée sous-marine en bouteille : CI médico-légale
- Le parachutisme
- LES EFFORTS VIOLENTS A GLOTTE FERMEE
- Les instruments à vents…

·     Arrêt du tabac