PATHOLOGIE BACTERIENNE ET MYCOSES

PATHOLOGIE BACTERIENNE


IMPETIGO


Epidermite microbienne auto innoculable
     non immunisante
     très contagieuse
      âge scolaire ou pré-scolaire
     épidémie - collectivités
2 origines staphylocoque auréus (++)
     streptocoque pyogène
     isolés ou associés



I. IMPETIGO CONTAGIEUX DE L’ENFANT


A. CLINIQUE


Lésions élémentaires :
- vésiculo bulleuse fragile
- aréole rouge inflammatoire
- circinée
- devient purulente
- dessèchement-croûtes jaunâtres, grasses, peu adhérentes, mélicériques, entourées d’une zone purulente
- érosion
- guérison sans cicatrice
Lésions et érosions multiples, profuses, d’âge différent.

Topographie
- zone découverte membres
     visage
     cuir chevelu
     zones traumatisées
- épargne paumes, plantes et muqueuses

Evolution
extension progressive
peut se généraliser état général conservé



B. EVOLUTION


sous traitement : guérison
complications --- justifient antibiothérapie générale



C. COMPLICATIONS


- streptocoque --- GNA post strepto (5 % des cas) peut :
     Provoquer glomérulonéphrite aigue
     recherche d’une protéinurie 3 semaines aprèsl’infection
- staphylocoque --- complications d’origine toxinique
- risque septicémique et localisation secondaire.



II.FORMES CLINIQUES


A. FORMES DE L’ADULTE : IMPETIGINISATION


     . Impétigo primitif très rare, secondaire à une dermatose sousjacente, prurigineuse : eczéma, dyshidrose, pédiculose, gâle, varicelle, zona
     . staphylocoque doré
     . lésion suintante - purulente - croûtes jaunâtres



B. IMPETIGO BULLEUX STAPHYLOCOCCIQUE DU NOURRISSON (PEMPHIGUS EPIDERMIQUE)


Staphylocoque producteur d’une toxine --- épidermolyse nécrosante
Terrain : nourrisson - crêches
Transmission du germe par les mains
grande bulle flasque durant 2 à 3 jours
     contenu clair - louche
Evolution :
- érosion circulaire
- recouverte rapidement d’une croûte brune

Topographie :
- face ++
- siège ++
- partout
- paumes et plantes peuvent être atteints
Pas d’altération de l’état général
Complications :
- septicopyohémie
- staphylococcie pulmonaire
- syndrome de Lyell staphylococcique
- imposent antibiothérapie générale précoce et d’isoler l’enfant



C. ECHTYMA


Variété d’impétigo creusant du derme ..... ulcération nécrosante
croûte épaisse
noirâtre
entourée d’un halo inflammatoire
Dermoépidermite streptococcique chronique nécrotique
Terrain : enfants
     mauvaise hygiène
     maladies sous-jacentes
Facteur favorisant aux membres inférieurs MI : stase-déclivité-insuffisance veineuse-malpropreté -prurit.
Clinique : début banal :      vésicules-pustules-croûtes-ulcère irrégulier purulent à base indurée
          oedème rouge violacé en périphérie
          adénopathie régionale plus ou moins     
          laisse une cicatrice atrophique déprimée pigmentée
Complication : chez l’adulte, point de départ d’un ulcère
Topographie :
     MI ++ membres inférieurs
     Fesses ++



III. DIAGNOSTIC



D + :
- clinique, caractéristiques
     notion de contage
- bactériologique direct sur liquide de bulle ou sous les croûtes

D = :
- de l’impétigo primitif
     . pemphigus superficiel
     . impétiginisation : prurigo strophulus, gâle, pédiculose, eczéma
     . pustulose de Kaposi Juliusberg
     . autres : dermatoses bulleuses syphilis impétigineuse
- pustulose amicrobienne
- dermatophyties
-de l’ impétiginisation
     - de l’echtyma : . ulcère de jambe et ulcère nécrotique des vascularites nécrosantes
     - chez nn et nourrissons : syphilis néo-natale.
     épidermolyse bulleuse congénitale
     gâle profuse



IV. TRAITEMENT


A. TRAITEMENT LOCAL


- savon antiseptique
- antiseptiques : Hexomédine, solution acqueuse Eosine 2 %, permanganate de potassium à l/10000.
- décrustation cutanée par vaseline ou pommade antibiotique



B. ANTIBIOTHERAPIE GENERALE


prévient les complications
. steptococcique :
péni V (Oracilline)
50000 U/Kg/24 h en 2 prises
10 jours chez l’enfant
2 à 4 MU chez l’adulte

. staphylococcique :
Péni M (Oxacilline, Bristopen)
Macrolide : Erythromycine (Josacine) 5O mg/kg/j chez l’enfant et Pristinamycine
Synergistine : (pyostacine) 2 g/j chez l’adulte



C. TOUJOURS


Recherche d’un gîte microbien
Examen de l’entourage et traitement
Contagieux.... éviction scolaire, crêches +++
Traitement des facteurs favorisants : diabète...



ERYSIPELE


Lymphangite aigüe du derme superficiel.
Dermo-épidermite aiguë en nappe - caractère inflammatoire
Etiologie      . Streptocoque B hémolytique A
     . spontanément ou secondaire à une plaie ou à une dermatose
     . facteurs favorisants :
- malnutrition
- alcoolisme
- dysglobulinémie
- diabète



I.ERYSIPELE DE LA FACE


1) Clinique



- incubation 3 à 7 jours
- invasion fièvre brutale, céphalées, altération de l’état général
     frissons, vomissements
- état :
l) adénopathie
2) placard inflammatoire, porte d’entrée
     rouge, chaud, douloureux, induré
     centrifuge
     en nappe
     bien limité avec un bourrelet oedémateux rouge violacé
     oedème +++
tend à se bilatéraliser
+ vésicules
Peut guérir spontanément en 8 à lO jours.
Récidives fréquentes
- complications
     régionale : névrite optique
          paralysie du nerf oculaire commun
          cellulite rétro-orbitaire avec fonte purulente de l’oeil
     générale : septicémie, endocardite, GNA post streptococcique



2) Diagnostic


- clinique
biologique : GB augmentés (PN : 20 000/mm3)
     syndrome inflammatoire
     Diagnostic =
- staphylococcie maligne de la face :
folliculite initiale
placard mal limité
sans bourrelet
unilatéral
- eczéma aigü
- LED dermatomyosite

- Diagnostic étiologique :
augmentation retardée des ASLO
mise en évidence du germe
- porte d’entrée
- phlyctène
- sérosité
- hémocultures
+ dans 1/3 des cas
- recherche d’autres foyers



3) Traitement


. repose sur la Péni G (5 MU en IM/j lO jours)
. si terrain débilité lO à l5 MU/j en perfusion
. si allergie à la Péni :
     macrolide 3 g par jour
     synergistine 3 g par jour
. stérilisation d’éventuels foyers
Evolution favorable sous traitement.
Desquamation secondaire spécifique.



II. DERMITES ERYSIPELATOIDES DE LA JAMBE


Très fréquente.



1 Clinique



     . femmes obèses
     . troubles circulatoires veineux
souvent récidivants aggravant l’état antérieur ... cercle vicieux.... éléphantiasis
Petite entrée : minime : fissure inter-orteils, plaie, ulcère, carcinome cutané ulcéré
Incubation : 6 jours
Invasion brutale
- syndrome infectieux
- jambe chaude tendue avec adénopathie
Etat :
1° signes locaux
- placard inflammatoire douloureux centrifuge
     - oedème sousjacent +++
     - limites + nettes
     - douleur +++ pulsatile qui augmente à la mobilisation
               
2° signes régionaux - adénopathie douloureuse

RECHERCHE SYSTEMATIQUE D’UNE THROMBOSE VEINEUSE PROFUSE

3° signes généraux : altération de l’état général/fièvre
Complications :
     1° locales : bulles, hémorragies, pétéchies
     ulcération post guérison
     fasciite nécrosante
     2° régionales lymphangite
     phlébite profonde
     doppler veineux et échographie n’ont de valeur que s’ils sont positifs mais recherche systématique
     3° générales : septicémie exceptionnelle
     affection post streptococcique



2 Diagnostic clinique


     Diagnostic + : clinique
     Diagnostic = eczéma aigu
          rouget du porc
          syndrome de Sweet
          dermites infectieuses érysipéloïdes à staphylocoque, à Gram-MEE du germe PE à porte d’entrée : phlyctène, hémocultures, autres foyers



3 Evolution


Evolution sous traitement, guérison rapide avec desquamation
complications : septicémie avec endocardite
     abcès souscutané
     GNA post strepto
     Phlébite
     Eléphantiasis
     CELLULITE NÉCROSANTE
     même traitée RECIDIVE POSSIBLE



4 Traitement


Antibiothérapie générale : Péni G : lO MU/24 h (IV) et Péni V : 4 MU/24 h

Si contre-indication à la péni : macrolide lO j à la lère poussée
Anticoagulant : Héparine Calciparine O,lO ml souscutané 3 fois/j
Soins locaux de désinfection
Lever précoce avec mobilisation active - contention élastique.
Un seul traitement n’empêche pas toujours les récidives mais prévient s’il est précoce la redoutable CELLULITE STREPTOCOCCIQUE.



III. CELLULITE STEPTOCOCCIQUE


ou gangrène streptococcique ou fasciite nécrosante
urgence thérapeutique
nécrose tissulaire extensive, profonde, le long des fascia
gangrène des plans susjacents par thrombose
streptocoque B hémolytique groupe A
D+ précoce.....car nécessite un traitement chirurgical - décès 1/2 malade



Clinique


même début que l’érysipèle - MI +++
     parfois, face cou
     Organes génitaux externes
     Après chirurgie abdominale
Terrain :
     diabète,
     myxoedème,
     cirrhose,
     Insuffisance circulatoire

ici diagnostic = érysipèle
     thrombophlébite
     début de fasciite nécrosante
Evolution en 2 à 3 jours
Signes locaux se modifient
. érythème devient bleu sombre grisâtre
. oedème devient cartonné
. lésions purpuriques bulles nécrotiques
. HYPOESTHESIE ou ANESTHESIE
signes régionaux = O
Signes généraux : altération de l’état général



Traitement


Au stade nécrosant : AB inefficace
Un seul traitement : débridement chirurgical avec exérèse du tissu nécrosé : Péni G : l2 à 24 MU par 24 h associé à un imidazolé-métronidazole prévient la dissémination septique
Traitement du choc en réanimation



IV. LYMPHANGITE AIGUE


Inflammation des canaux lymphatiques cutanés.
Streptocoque Bhémolytique du groupe A
Toujours porte d’entrée retrouvée :
     blessure
     bulle infectée
     infection inter-digitale
Etat : bande rouge linéaire dont l’ origine est lésion initiale... ganglion en amont, douloureux
Etat général altéré
Complications exceptionnelles suppuration de l’adénite
D = thrombophlébites superficielles
D biologique polynucléose
isolement du germe : PE : ganglions
Risque septicémie
Traitement : Péni