EPIDEMIOLOGIE DES MALADIES TRANSMISSIBLES

3. CHAINE EPIDEMIOLOGIQUE


La chaîne épidémiologique comprend 3 maillons :



3.1. L’agent pathogène


L’agent pathogène, avec ses caractéristiques, telles que sa virulence, son pouvoir pathogène, son potentiel épidémique, sa sensibilité aux traitements et désinfectants existants, son ou ses réservoirs.



3.2. L’individu réceptif


L’individu réceptif, susceptible de développer l’infection, avec ses caractéristiques, ses facteurs de risque éventuels.

Lorsque le microorganisme responsable de l’infection appartient à la flore native de l’individu l’infection est dite d’origine endogène ; un malade très immunodéprimé et/ou avec des portes d’entrée pourra développer des infections à partir des germes de sa flore commensale, on les qualifie alors de germes opportunistes. Cette flore peut être modifiée qualitativement en particulier lorsqu’elle est soumise à un traitement anti-infectieux, il y a alors un déséquilibre au profit des espèces microbiennes naturellement résistantes à la molécule utilisée, ou encore apparition secondaire, au sein d’une espèce initialement sensible, de souches devenues résistantes, soit par mutation soit par acquisition de matériel génétique étranger).

Lorsque le micro-organisme responsable de l’infection provient d’une source extérieure à l’individu, l’infection est d’origine exogène. La source en est alors :
-     l’Homme : infecté, colonisé, ou porteur sain. L’homme est le réservoir exclusif pour de nombreux agents pathogènes
-     l’animal, pour les anthropozoonoses ; certains rongeurs peuvent transmettre la peste, certains singes sont à l’origine de la fièvre jaune , les renards de la rage, le bétail de la brucellose…
-     les sols, les poussières
-     l’eau, par exemple pour les légionnelles



3.3. Les modes de transmission


Ces modes de transmission sont très importants car ils conditionnent les mesures qui seront prises dans le cadre de l’isolement du patient porteur de l’agent pathogène.
La transmission peut être :
-     Directe : de personne à personne
     -     Aérienne, pour les infections pulmonaires comme la tuberculose, la grippe, la rougeole, la varicelle
     -     Par les gouttelettes de salive et de sécrétions nasopharyngées ; c’est le cas du , de l’adénovirus, du virus respiratoire syncitial
     -     Manuportée, par contact, pour les infections entériques. A l’hôpital la transmission par les mains, dûe à un défaut d’hygiène des mains du personnel de soins, est la voie de transmission prépondérante des bactéries multi-résistantes, et plus particulièrement du SARM, responsables de nombreuses infections nosocomiales.
     -     Sexuelle : gonococcie, siphylis, VIH…





     -     Sanguine : VHB, VHC, VIH , CMV, paludisme…
     -     A partir d’un animal contagieux

Plusieurs modes de transmission peuvent intervenir pour une même maladie : par exemple pour le VIH ou pour le virus de l’hépatite B, la transmission peut se faire à la fois par voie sexuelle et par le sang.
-     Indirecte : nécessitant l’intervention d’un vecteur intermédiaire, animé ou inanimé
     -     L’eau et les aliments, dont la contamination est d’origine entérique humaine, d’origine animale d’origine tellurique
     -     Les insectes, à partir de réservoirs humains, ou animal
-     Materno-fœtale, à l’origine d’une transmission verticale de l’infection, de la mère à l’enfant par voie transplacentaire, ou à l’occasion de l’accouchement. Par exemple pour l’hépatite B, la transmission materno-fœtale, verticale, rend compte de l’infection de jeunes enfants en zone endémique, alors que dans les pays où la transmission horizontale par voie sexuelle est prépondérante, l’infection touche préférentiellement les adultes.